W/Love porte bien son nom. De l’amour, l’album en recèle autant qu’il en répand dans l’atmosphère entourant l’auditeur. Nulle mièvrerie n’apparaît pour autant sur ce disque auquel il serait aisé de reprocher quelques facilités mais qui s’avère plus solide que ce qu’une écoute distraite pourrait laisser augurer.

Pour affirmer une quelconque crédibilité, Infinite Bisous n’a pas choisi l’alias le plus évident. Rory McCarthy, qui s’est notamment révélé en tant que guitariste de Mac DeMarco, propose une chill avec une nonchalance presque aussi exacerbée que celle de son mentor.

Peut-être plus encore qu’à Mac DeMarco, l’univers d’Infinite Bisous s’apparente à celui de Homeshake, autre proche du Canadien. Les synthés à tendance cheap occupent l’essentiel de l’espace et sont à peine soutenus par quelques boucles de guitare, des percussions minimalistes et la voix aérienne de l’Anglais, le tout produit par Renaud Letang (Emilie Simon, Jarvis Cocker, Chilly Gonzales ou Feist).

Basé depuis plusieurs années à Paris, Infinite Bisous compose ainsi quelques titres imparables aux accents smooth, idéaux pour s’évader ou se remettre d’un mal de crâne quelconque, à l’instar d’un Brake mâtiné d’une onctueuse réverbération ou d’un (Terminal) Lovesick qui pourrait ressembler à un hybride minimaliste issu de souches du Radiohead époque OK Computer et des derniers Woods.

Avec ces comparaisons floues, il est difficile de se faire la moindre idée de ce à quoi peuvent ressembler les compositions de l’artiste. Malgré quelques excès comme Teen Sex et ses dérèglements électroniques façon Daft Punk trop poussés (et poussifs) pour séduire ou même convaincre, Infinite Bisous parvient néanmoins à dérouler un spleen lumineux en évitant la démesure. Le tout étant saupoudré du filet d’amour permanent inhérent à l’efficacité de ce genre de compositions.

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