Comme souvent avec mes classements annuels pour IRM, le format s’est imposé de lui-même : 150 albums car me limiter davantage devenait trop frustrant, et sans classification au regard des difficultés ressenties l’année précédente à devoir ranger dans des cases, toutes approximatives et malléables qu’elles puissent être, des sorties souvent inclassables. Je suis donc allé au plus simple : mes albums préférés de 2025, avec pour seule règle de n’en mentionner qu’un par artiste, à moins qu’il ne s’agisse de différents projets ou collaborations... et l’espoir cette fois encore de voir quelques-uns de ces coups de coeur frapper avec la même intensité l’un ou l’autre de nos lecteurs.





60. Pile - Sunshine and Balance Beams

"Trajectoire remarquable pour le combo bostonien des guitaristes Rick Maguire (également au chant et aux synthés) et Matt Connery (qui retrouve le groupe après quelques années d’éloignement) : en une dizaine d’albums et une demi-douzaine d’EPs (dont l’excellent Hot Air Balloon chroniqué ici) sur près de 20 années d’activité, Pile a su se détacher des étiquettes successives qu’on lui avait hâtivement accolées - freak folk, noise rock, math-rock, post-punk, post-hardcore - pour culminer depuis quelques disques sur l’intensité d’un rock fébrile et tourmenté aux arrangements magnétiques. Cette fois, le quatuor s’adjoint les services d’une section de cordes (quatre violonistes et deux violoncellistes) dont la contribution s’avèrera primordiale pour éclairer ici et là de ses lumières élégiaques ces crescendos rugueux (Holds) ou enfiévrés (Carrion Song), ou au contraire les malmener encore davantage (Bouncing in Blue, Born at Night), entre deux hymnes rock véloces toutes guitares dehors et d’une redoutable efficacité (Deep Clay, Uneasy). Claque !"

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59. Boxguts & Bloody Monk Consortium - BOXMONX II

"Le trio que formait l’Américain Labal-S, MC du New Jersey décédé en 2021, avec le producteur Lex Luger et le rappeur Leeroy Destroy, tous deux Californiens, accouche de manière posthume en compagnie de Boxguts d’une suite à leur BOXMONX de 2018, avec cette fois très peu de producteurs invités puisque Lex Luger (crédité en tant que lugerlex) se charge lui-même des instrus de 10 des 13 morceaux du disque. En résultent des écrins idéalement menaçants (TV Extravaganza, Savage Triangle II, Gunpowder), malsains (Gold Bullion, l’impressionnant Stray Ox, War Godz) ou au contraire jazzy et cristallins (le vibraphone d’Hamnesia) pour les flows plus ou moins rauques et débraillés des trois compères, avec une dimension dystopique (Distorted Phantazm) qui n’est pas sans flirter avec Company Flow (cf. les basses massives façon Little Johnny From the Hospitul de l’introductif Unidentified Flowing Objects, ou l’atmosphère de fin de monde de Sun Blood)."

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58. Gnaw Their Tongues - The Genesis of Light

"Lorsque l’on connaît la sauvagerie dont fait preuve Maurice de Jong lorsqu’il revêt les oripeaux viciés de son projet-phare Gnaw Their Tongues, les 3 minutes d’orgue gothique ouvrant la Part 1 de The Genesis of Light ont de quoi surprendre, d’autant que même après l’arrivée du premier riff lourd et abrasif, aucun blast beat à l’horizon et pas plus de beuglante ou de déluge électrique, le black metal faisant place à un doom d’une solennité et d’une sobriété rares pour le bonhomme, au diapason des cuivres et des choeurs féminins liturgiques qui s’élèvent dans le lointain. Contre toute attente, la suite du disque sonnera tout aussi ambient et hiératique, à l’aune de cet artwork aux allures de lithographie. Trémolos de guitare tristounets, saturations massives à la Continuum et murmures malaisants toujours sur fond de cuivres et d’orgue (Part 2), mélancolie volatile des vapeurs de drones éthérés puis crescendo aussi ténébreux que majestueux (Part 3) ou encore tension dissonante aux orchestrations de cordes façon classique contemporain avec retour discret à un black étouffé dans les dernières minutes (Part 4) : jamais Gnaw Their Tongues n’avait sonné aussi élégiaque."

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57. Ghostvolume x Trust One - High Concentrate

Après les feat. de Nuse Tyrant sur l’excellent El Enmascarado en 2024, c’est avec Trust One, producteur du dernier album en date du rappeur dont on parlait rapidement par ici (cf. #12) que vient fricoter le beatmaker Ghostvolume, bouclant la boucle d’une désormais évidente sainte trinité du label de San Diego M25, éminent pourvoyeur de hip-hop lo-fi inventif et hanté comme en témoignait encore en novembre dernier cette compil/mixtape riche en découvertes. Avec Ghostvolume et ses cascades de drums en liberté, on est parfois plus proche du jazz (First Dose, True Form) voire de la drum’n’bass (Xtra Pulp, Congregation Dismissed) mais sur High Concentrate, entièrement instrumental cette fois à l’exception d’une seule et unique participation du susnommé Nuse Tyrant, ce sont une fois de plus les beats tweakés (Side EFX), les sonorités asiatiques (Blue Beams) et les atmosphères ciné d’épouvante aux samples rétro et drogués (K.O’D) qui dominent, avec toujours ces signatures rythmiques évoquant avec brio un DJ Shadow sous-produit (Poltergeist), celui dEndtroducing bien sûr pour sa noirceur magnétique et son pouvoir d’évocation.



57 bis. 7F7F7F - This world is as bright as death...

"Bis" = entrée de dernière minute dans le classement et pour cause, Leonid Churilov - aka A-Bell et moitié des radicaux TVAŃ (cf. #8 ici) sur le même label Mahorka - a attendu le tout dernier jour de l’année pour la déflagration que constitue le dernier opus en date de son projet harsh noise 7F7F7F, suite de l’abrasif et hanté en 2024 (ne nous demandez pas comment ça se prononce ni même si ça se prononce, on n’en sait toujours pas davantage). Si This world is as bright as death..., constitué d’une unique piste de 45 minutes, est à première impression moins puissant et tonitruant que son prédécesseur, c’est pour gagner en subtilité dans la dystopie malaisante lardée d’échardes numériques et de tempêtes saturées, une étonnante majesté se dégageant de cette bande originale imaginaire en montagnes (biélo)russes dont les liner notes laissent à penser qu’elle évoquerait le suicide par balle d’une jeune professeure d’école aimante et aimée de ses élèves, qui continuerait de les visiter en rêve... fiction ou fait divers en rapport ou non avec l’entourage du musicien, le mystère reste entier mais l’intensité du disque donne en tout cas substance et viscéralité à cette troublante histoire.



56. Rafiq Bhatia - Environments

"Croisé dans le groupe de Son Lux qui n’emballe plus vraiment la rédaction d’IRM depuis le virage grandiloquent de Lanterns en 2013, le guitariste et producteur new-yorkais Rafiq Bhatia en est à son 3e long format. S’il fallait trouver une filiation au bien-nommé Environments, elle serait du côté du trompettiste norvégien Arve Henriksen et de son groupe Supersilent, tant pour les atmosphères fantasmagoriques tirant sur le dark ambient électronique d’où surgit à intervalles réguliers la trompette tantôt méditative et solaire ou plus plaintive et dissonante de Riley Mulherkar, que pour une certaine fascination pour la géographie, la nature et ses forces élémentaires. Entre crescendos de fûts en roue libre et field recordings omniprésents, un trip intense et habité, qui sait aussi temporiser et se recentrer sur la mélodie, notamment le temps du superbe duo cuivre/guitare de Clearing, Crickets dont les exhalaisons de la trompette au souffle apparent incarnent littéralement cette impression de respiration mélancolique, de break cotonneux au milieu de l’agitation des éléments."

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55. Shapednoise - Absurd Matter 2

"Le Berlinois d’adoption Shapednoise remet le couvert du côté d’une électro-indus bruitiste mâtinée de rap déstructuré avec un second volet dAbsurd Matter, deux ans après l’excellent premier opus dont on parlait ici. Côté invités, les Armand Hammer d’E L U C I D et billy woods sont toujours de la partie ainsi que l’incontournable Moor Mother décidément friande des collabs les plus radicales, rejoints notamment par le chouchou d’IRM Fatboi Sharif ou encore la férue de synthés modulaires Kaitlyn Aurelia Smith pour sortir un peu du hip-hop. Sans surprise, le Sicilien d’origine livre un disque concis et abrasif à souhait, tout aussi viscéral que son prédécesseur, et dont les velléités belliqueuses se prévalent d’une belle diversité d’angles d’attaque, comme autant d’actes de résistance au néant qui guette et qui finira par engloutir le disque. "Upgrade your grey matter, cause one day it may matter" comme rappait l’autre... si ce n’est qu’ici c’est une musique de matière noire que Shapednoise pousse dans ses derniers retranchements avant désagrégation. Ardu mais brillant !"

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54. Buck 65 - Keep Moving

"Le petit génie canadien nous gratifie depuis quelques années d’un retour en forme débordant de créativité, qui tutoyait les cimes en 2023 avec les sorties successives de Super Dope et Punk Rock B​-​Boy, marqués par une virtuosité plus old school, funky et percutante aux accents 70s, surtout en comparaison de l’abstract lo-fi des débuts ou des incursions folk et bluesy qui le firent connaître du public "rock" dans les 00s. Jamais deux sans trois : Keep Moving est un nouveau sommet aux vignettes encore plus versatiles et punchy, des morceaux très courts aux contrepieds constants qui pratiquent un sampling à l’ancienne, des scratches de haute volée et un groove assez imparable, comme autant de pièces d’un immense puzzle ludique et sans temps mort aux humeurs et au tempo changeants, entérinant le rapprochement des derniers travaux du bonhomme avec les télescopages du magicien Edan."

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53. BIG|BRAVE - OST

"Belle surprise que cette bande originale imaginaire (bientôt accompagnée d’images ceci dit, puisque la prochaine tournée se doublera d’un "score visuel" signé Stacy Lee) de la part du combo post-doom canadien qui à mon sens, passés ses excellents débuts, en a souvent fait un peu trop (tant dans la solennité forcée que du côté d’un chant féminin de plus en plus maniéré) mais déjoue ici toutes nos attentes - ou appréhensions ? - en optant pour un minimalisme instrumental des plus évocateurs, entre magnétisme et tension, et des sonorités atypiques pour le groupe, sans batterie et avec très peu de guitare électrique. Épaulé par son producteur et ingé-son Seth Manchester (électronique, Moog et/ou percussions) et par la flûtiste Melissa Guion sur l’intrigant et tourmenté innominate Nº viii, le trio canadien se partage l’instrumentarium (pour l’essentiel : piano électrique Wurlitzer, piano classique, un peu de guitare et un instrument à cordes frottées de leur invention, ou encore un vibraphone joué à l’archet sur le très dark ambient et résonant innominate Nº i en introduction) et flirte avec un sound design épuré riche en contrastes saisissants, vecteur jamais poseur ou arty pour autant d’une angoisse purement physique que ce 9e long format en 11 ans distille en gerbes baroques et hallucinées."

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52. Sunmundi & Sasco - Contacting

Révélé l’année précédente aux oreilles curieuses par The Hottest Year on Record, "album de producteur" comme on dit où officiaient plusieurs rappeurs plus ou moins underground (Sketch185, Miles Cooke) dont Sunmundi, le New-Yorkais Sasco traînait déjà ses guêtres sur Bandcamp depuis une demi-douzaine d’années avec des sorties instru prometteuses à la croisée de l’abstract et de l’electronica. Avec Contacting, qui officialise la collaboration du beatmaker et du MC après une mixtape (Scam Central) distribuée en CD sous le manteau, la paire passe un pallier et livre tout simplement l’un des plus beaux albums hip-hop de l’année, dévoilant un univers plus foisonnant qu’on ne le soupçonnait qui phagocyte ici jazz et library music (98 ’til Infinity), jazz et ambient (Bright Moment, This Connection, The Whole World), jazz et glitch-hop (WORLDSTAR, Dawn of Time avec Defcee), jazz et downtempo (AirDrop, Telepathy), jazz et modern classical (Disc Comfort), jazz et drum’n’bass (Where R U ?), jazz et electronica (Meditation App), jazz et noise (Scam Central, EMP), jazz et collages post-modernes (Idling Nowhere, Ethical Hacking), jazz et déstructurations rythmiques (Algorhythm / Power Lines, Sundial Timex) et donc, vous l’aurez compris, beaucoup de JAZZ, dans son versant le plus atmosphérique et capiteux (Burnt Sugar), et avec autant de souffle du côté des instrus, particulièrement organiques, que des courants de conscience jamais tranquilles de Sunmundi.



51. Simon Henocq - WE USE COOKIES

"D’abord alias harsh noise de Simon Henocq découvert en concert, We Use Cookies devient le nom de ce véritable premier opus qui en tire la substantifique moelle hypnotique et abrasive, quelque part entre les échafaudages à la fois mathématiques et radicaux d’un Franck Vigroux (Concourse A, Argile, Fomo), les tempêtes larsenisantes et futuristes des groupes phares du label hash slovène Pharmafabrik (Oblique, Kill Switch), les drones malaisants de SEPL ou Cezary Gapik (Fuite, Agregat, Offline) et les projets les plus bruitistes et déstructurés des écuries Raster-Noton ou feu Kvitnu (ADLN, S.T.I.R), entre deux tranches de dark ambient caustique à souhait (Rouille). Les amateurs de terrorisme sonore en prendront pour leur grade mais que cela ne décourage surtout pas les autres, tant la production d’une précision diabolique du cofondateur du collectif Coax est capable d’embarquer l’auditeur dans des élans inattendus, cf. le final Compost dont la techno-indus ascensionnelle ouvre encore d’autres horizons à ce projet tenant finalement autant de la bande originale imaginaire que du sound design abstrait."

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50. Tim Hecker - Shards

En 2025, Tim Hecker n’est plus le seul musicien ambient de qualité cité dans les classements annuels des faiseurs de mode, il n’y en a carrément plus aucun, comme ça au moins c’est plié. Il faut dire que la petite hype de Ravedeath, 1972 a 15 ans désormais, de l’eau à coulé sous les ponts et suffisamment de purges commerciales se réclament aujourd’hui des "musiques expérimentales" pour que la blogosphère ricaine n’ait plus aucune crainte vis-à-vis de sa "crédibilité" (sic) en ignorant purement et simplement ces scènes pourtant plus fécondes que jamais. Qu’importe. On retrouvait en tout cas le Canadien en très belle forme, dans la foulée de la petite résurrection créative qu’entérinait No Highs deux ans plus tôt après son passage à vide grandiloquent - et bêtement célébré par les susnommés - de la période 2012-2018. Harmonies de drones gondolés et de choeurs affligés (Heaven Will Come), classical ambient impressionniste et poussiéreux (Morning, Sunset Key Melt), sound design hanté zébré de clarinette (Monotone 3), kosmische musik atmosphérique et texturée (Icesynth, Joyride Alternate), cette fausse compilation de morceaux originellement composés pour diverses bandes originales et véritable album en bonne et due forme renoue avec l’inspiration la plus évocatrice de l’auteur dHarmony in Ultraviolet et son approche mi-organique mi-abrasive du genre, pour le plus grand bonheur des admirateurs de la première heure.



49. Primitive Man - Observance

"Pas de vacances, c’est de la violence", titrait-on en 2023 à propos du split de Primitive Man avec Full of Hell, presque une promenade de santé toutefois en comparaison de ce nouvel opus du trio du Colorado, qui retrouve sur Observance le tempo poisseux qu’on lui connaissait depuis l’inaugural et impressionnant Scorn (presque 13 ans déjà !). Zen, ça larsène comme chantait l’autre, sourdement ça éructe d’un grunt posé mais menaçant, avec cette même pesanteur implacablement caustique, sur des morceaux parfois très longs aux incursions sludge voire black metal presque salvatrices (presque !) au milieu de ce doom vicié et marécageux (cf. respectivement Transactional et Natural Law flirtant tous deux avec les 14 minutes)... et puis sans aller jusqu’à dire que ça s’emballe, Social Contract monte soudain d’un cran dans l’agression avec son rythme presque martial (là encore, "presque" !) avant le coup de grâce tout en faux plat et éclats de shrapnel (Water). Toujours le groupe le plus flegmatique dans la brutalité des quatre coins de la galaxie metal extrême.



48. Rauelsson - Niu

"L’album le plus réussi de Rauelsson depuis son premier chez Sonic Pieces en 2013, Vora (si ce n’est son meilleur tout court), voit l’Espagnol mettre la pédale douce sur les rythmiques pas toujours très subtiles qui prenaient l’ascendant sur Miral et surtout Ekō, pour se recentrer sur un néo-classique "less is more" et une électronica spleenétique aux boucles lancinantes, alternant en morceaux-miroirs cordes crève-coeur tout en harmonies minimalistes (Prelude No. 7, Puzzle Breeze, Podium Of Riddles, Ceramic Swallows, Set Of 3), arpeggiators aux rêves tristounets (Ornamental Eclipse, Gardens Unseen, Temporary Alchemy) et même un peu d’ambient-jazz neurasthénique ourlé de spoken word poétique (A Keyhole-Shaped Island, It Could Vanish In An Instant). Un disque modestement singulier, qui distord le temps pour mieux donner corps à la tragique impermanence de nos vies fondées sur l’habitude et le confort de la répétition."

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47. Sankofa & Chef Mike - Masters of the In Between / 43 Ill Laimbeer

Doublé gagnant pour la team de luxe Sankofa/Chef Mike, le rappeur indé de Fort Wayne, Indiana aux 25 années de carrière s’étant associé par deux fois en à peine plus de 3 mois avec le très productif beatmaker de Detroit Mike Hanlon, dont on est déjà fans à IRM. Au programme, la sorcellerie nerdy du ténébreux Masters of the In Between aux beats pétris de tension cinématographique et dont les samples de cuivres menaçants, de soundtracks gothiques et autres dissonances poussent le rappeur américain à un peu moins de décontraction qu’à l’accoutumée ; mais aussi un étrange hommage à l’ancien joueur de basket Bill Laimbeer devenu entraîneur, où l’on croise également (mais après tout pourquoi pas ?) les acteurs Jeff Goldbum et Kirk Cameron et en feat. les copains Valid, JON ?DOE et G Fam Black, album nettement moins sombre au groove irrésistible et aux éclats soul ou jazzy, finalement tout aussi réussi dans son genre.



46. Steve Hauschildt - Aeropsia

On le connaissait surtout en tant que tiers électronique des fameux Emeralds, mais l’Américain Steve Hauschildt signe aussi des disques en solo depuis pas loin de 20 ans, et cet Aeropsia au spleen électro-ambient aussi majestueux qu’épuré s’impose d’ores et déjà comme l’un des fleurons de sa discographie : les nappes d’éternité (Statue of Verdigris, Inertia & Refugia, ou le sommet démesuré Amongst Automata aux 21 minutes d’ascension stratosphérique) y côtoient cavalcades d’arpeggiators (Your Call is Important) et vortex oniriques (Dividua) entre deux incursions dans l’electronica stellaire (Pyramidal) ou même l’ambient-techno (Forgetting in the Static), pour évoquer l’impression de déconnexion et de flottement ressentie par le musicien après son départ des Etats-Unis pour la Géorgie (le pays donc, pas l’état). Une merveille d’introspection en apesanteur.

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