Sortie le vendredi 29 mai 2026
1. Fliiim / Laliīmph
2. Gilded Meditations
3. Mystic Chords Of Memory
4. Oyob
5. In The Solstice Sun
6. Sound Mirrors
7. Mokushō
8. Old Sky, Wandering Clouds
9. Yuya
10. Baobab
11. Morning Temple
Ça commence par Fliiim / Laliīmph et son tapis de percussions. 11 minutes et quelques répétitives sans vraiment l’être puisque qu’à chaque mouvement, un nouvel instrument vient se greffer aux précédents avant que la guitare ne vienne tout détricoter pour envahir la trame. Puis c’est au tour des percussions. Et ensuite de la flûte. Et ainsi de suite jusqu’ la fin.
Une entame qui permet de se familiariser avec les obsessions d’Upupayāma, formation transalpine ne comprenant qu’un seul membre - Alessio Ferarri - lorsqu’elle se retrouve en studio mais qui en compte beaucoup plus lorsqu’elle envahit la scène. Honesty Flowers est son quatrième album et il ressemble beaucoup au précédent, Mount Elephant (2024), si ce n’est qu’il en exacerbe tous les traits.
Plus long, plus mystique mais aussi parfois plus terre à terre, le psychédélisme s’y montre de plus en plus mélangeur. Par exemple, on ne s’attendait pas vraiment à identifier ces grosses pincées de funk dans la mixture (Gilded Meditations) alors qu’on était habitué au souffle motorik et aux soupçons de drone voire de prog. De la même façon, on voyage pas mal sur la mappemonde, de l’Asie à l’Afrique, de l’Europe centrale aux Amériques quand que le précédent ramenait surtout à une époque, les ’70s.
Alors tout cela pourrait n’être qu’invertébré et comme à l’habitude avec Upupayāma, pas du tout. C’est vrai que le disque est long et qu’il arrive que l’on s’égare dans ses méandres mais c’est tout de même assez rare et Alessio Ferarri a l’art de coller des solos - de guitare, sitar, flûte... - qui reconstituent l’ossature. En outre, il malaxe un groove métamorphe qui insuffle pas mal de vitalité lorsque l’enveloppe devient trop plate.
Tout autant languide que volontaire, Honesty Flowers s’accorde pas mal aux degrés délirants et il y a beaucoup à explorer là-dedans. Entre les longs entrelacs mystiques qui font partir loin (In The Solstice Sun ou Old Sky, Wandering Clouds entre autres) et les déstructurations au groove redoutable (Oyob ou Yuya par exemple), on trouve des amalgames surprenants (Baobab et ses superpositions sur fond de congas) qui font qu’on est toujours surpris par ces constructions qui laissent la part belle à l’improvisation.
Une vraie parenthèse acid-folk-fuzzienne qui impose son espace et son temps dès qu’elle résonne quelque part et une nouvelle réussite à porter au crédit du one man band italien.
Alors ouvrez vos chakras, lancez l’écoute et laissez-vous porter.