On aurait tout aussi bien pu l’inclure dans l’interview introductive dédiée à l’équipe puisque l’on peut désormais croiser sa plume dans les pages d’IRM, notamment à l’occasion des Comités d’écoute hip-hop, mais c’eut été dommage de ne pas consacrer à Namor la présentation qu’il mérite, lui et ses deux compères du regretté podcast Excursions (actif de fin 2022 à début 2025) n’ayant pas manqué de contribuer à nourrir notre regain de curiosité pour un rap underground particulièrement vivace et sous-exposé ces dernières années. Amateur éclairé de hip-hop depuis plus de 30 ans mais aussi de metal et de "rock qui tache" comme il le dit si bien lui-même, Nam pour les intimes n’était à l’antenne pas avare en ironie mordante, autant dire qu’il en sera de même dans cet entretien spécial discothèque au format physique.



- Premier album acheté ?

Avec mes premières mensualités d’argent de poche, j’avais fait une doublette. Dans une convention de disquaires de ma région, j’avais trouvé le deuxième 3rd Bass (Derelicts of Dialect), groupe dont le premier album, présent dans la discothèque paternelle, est l’un de ceux qui m’ont fait prendre goût au rap. J’avais aussi mis la main sur le premier volume du Ombre est Lumière d’IAM, le volume 2 n’était même pas encore sorti. Il n’a pas quitté la platine pendant très longtemps celui-ci (quand on connaît mon peu de goût pour le rap francophone aujourd’hui, c’est marrant d’y repenser), ça rendait ma mère folle mais ça lui a aussi permis d’entendre que le rap pouvait avoir du fond et de la forme. Et pour la petite anecdote, il y avait un coupon promo à renvoyer à la maison de disque pour recevoir un livret avec toutes les paroles de l’album. Tout content, j’avais préparé ma plus belle enveloppe et libellé le tout avec un enthousiasme non feint. Malheureusement, les errances de la jeunesse faisant leur office, j’avais oublié de joindre l’adresse où envoyer le colis retour...J’espère au moins qu’ils ont bien rigolé chez Delabel.


- Dernier album acheté ?

En rap ça doit être le Step Brothers (Lord Steppington), duo réunissant Alchemist et Evidence (un beatmaker assez sous-estimé selon moi qui ne l’apprécie que peu au micro).
En ce qui concerne le reste, des promos sympa dans une grande enseigne « culturelle » m’ont permis de compléter les discographies (sélectives) de Pantera, Santana et Ozzy.


- Ton format préféré ?

Je vais au plus pratique et au moins onéreux. J’ai commencé par les cassettes, avec déjà un certain goût pour faire mes propres compilations, puis je suis passé au CD et maintenant j’encode tout en mp3 pour que mon PC soit un immense jukebox.

- L’album le plus rare de ta discographie ?

Honnêtement j’en sais trop rien. Pendant longtemps ça a été une obscure compilation de rap East Coast mais selon Discogs, aujourd’hui le plus cher serait l’album des Cenobites (Kool Keith & Godfather Don) dans son édition de 2000.

- Un album que tu possèdes dans plusieurs formats physiques ?

Comme je l’ai dit plus haut je suis passé par plusieurs médias pour consommer ma musique donc j’en ai pas mal que j’ai rachetés en CD. Le seul album que je pense avoir dans 3 formats différents (CD, vinyle et K7, une des premières que j’ai eues et confectionnée par mon père à partir du vinyle original que j’ai récupéré bien plus tard) c’est le Master of Reality de Black Sabbath.


- L’album que tu as racheté en oubliant que tu l’avais déjà ?

On est des professionnels ici, ça n’arrive jamais. En revanche quand je tombe sur un disque que je n’ai que sur le PC, je me demande parfois si c’est celui-ci précisément qui vaut le coup de se fendre d’un achat. On s’y perd parfois dans certaines discographies.

- L’album que tu as emprunté et jamais rendu ?

Alors ça pareil, on n’est pas des animaux, ça n’arrive pas. Je détesterais qu’on me le fasse. CEPENDANT !!! J’avoue avoir gardé un trèèèèès long moment le Fear of a Black Planet de Public Enemy emprunté à une amie qui n’aimait pas le rap de toute façon (je sais même pas comment ce disque assez confidentiel pour les non-initiés lui est arrivé entre les mains d’ailleurs).


- Un album que tu as volé dans un magasin ?

Nan mais vous me prenez pour qui Messieurs avec vos questions insidieuses ?! Je ne mange pas de ce pain-là. J’ai, juste une fois, par inadvertance, suggéré à un bon ami à moi qui avait l’habitude de jouer les malandrins au supermarché du coin que, si jamais il lui prenait l’envie de faucher le The Score des Fugees, ça serait le seul disque du rayon qui, éventuellement, pourrait m’intéresser. Mais sans aucune malice...

- L’album que tu as perdu et tu t’en veux à mort ?

Vraiment je ne sais pas à quel genre de dégénéré ce questionnaire veut s’adresser, je n’ai jamais perdu un seul disque. Constituer une collection qui me ressemble c’est bien trop de temps et d’énergie pour égarer quoi que ce soit. En revanche je m’en veux d’avoir revendu certains disques que j’ai réévalués depuis et qui atteignent des sommes astronomiques aujourd’hui. Faites gaffe quand vous faites le ménage dans vos discothèques les kids, c’est mon conseil.

- L’album qu’on t’a offert et qui était une horrible plantade ?

Franchement je vois pas. C’est principalement ma famille qui m’offrait des disques et vu qu’ils y connaissent rien en rap et que je suis assez tatillon (askip), ils ne se risquaient pas à choisir eux-mêmes, je faisais des listes bien précises et longues comme le bras d’albums piochés dans les reviews des magazines que je pouvais trouver au kiosque de ma cambrousse (big up l’Affiche !). Donc assez peu de déceptions car j’ai un goût très sûr.

- L’album que tu as acheté uniquement sur la foi de sa pochette ?

Le hasard préside rarement à mes achats physiques (j’ai pas les moyens). Mais j’ai souvenir de cet album de Quo (astucieusement intitulé Quo), un très oubliable disque de teenage rap (c’était la mode à l’époque) avec des prods de Erick Sermon et Redman mais aussi, et malheureusement, de Teddy Riley. La new jack clairement c’est pas pour moi et là ça y ressemble fort parfois. Il fut refourgué assez vite. Depuis je l’ai réévalué plutôt à la hausse, c’est un bon marqueur de son temps et j’ai découvert le funk depuis surtout, du coup ça passe pas si mal. Et la pochette est toujours chouette.


- L’album que tu recherches depuis des années ?

Il faut différencier ceux qui ne sont jamais sortis, qui n’existent qu’en bootlegs dégueus trouvés sur le net et qui sortiront peut-être un jour grâce à un obscur label allemand, de ceux qu’on arrive à trouver mais à des prix défiants toute concurrence. J’ai beau aimer un disque, je mettrais jamais 50 balles dedans. Du coup il y en a plein mais ce qui me vient à l’esprit là ce sont des compilations de remixes par Buckwild ou Madlib.

- L’album que tu es le seul à apprécier dans ton entourage ?

Vu que j’ai peu de B-boys dans mon entourage, il y en a bien trop pour les citer.

- L’album avec lequel tu as joué au frisbee tellement c’était mauvais ?

Je peux pas dire, j’écoute pas les mauvais disques.

- L’album dans le plus mauvais état ?

Les quelques très rares disques que j’ai pu prêter bien sûr.

- Le grand classique absent de ta discographie ?

Il y a tellement d’albums considérés comme des chefs d’œuvre qui ne m’émoustillent que peu. De tête là je te citerais Pink Floyd ou Funkadelic.

- L’album que l’on ne s’attend pas à y trouver compte tenu de l’image que tu renvoies ?

Il semblerait que je fais parfois des choix surprenants donc ceux qui me connaissent bien ne trouveront rien de trop étrange. Mais ceux qui ne me connaissent que par rapport au rap ou au metal seraient surpris de mon amour immodéré pour Joe Dassin (avec une grand-mère qui écoutait ça en boucle à chaque vacances, j’ai été lobotomisé je crois) ou de mon goût très prononcé pour l’Italo Disco le plus kitsch (selon les critères des béotiens). Sinon en physique j’ai le premier album de Yelle que j’aime bien (le deuxième aussi d’ailleurs).


- La dernière fois que tu as fait tourner un album en format physique chez toi ?

Comme j’encode tout en mp3, ça n’arrive plus. J’ai même pas de véritable platine CD (ni vinyle d’ailleurs).

- Un album encore sous blister sur tes étagères ?

J’allais te dire aucun mais en regardant l’autre jour dans mes cartons j’avais un album offert par le fils d’un ami de la famille qui y fait les vocaux et que je n’avais pas encore ouvert. Eh bien ce fut une jolie surprise que ce Path of Souls du groupe Altered State qui pratique un death/thrash metal de fort belle facture (ils n’ont plus rien sorti depuis je crois).

- Est-ce que tu collectionnes du merchandising ?

Mis à part quelques t-shirts de metal dans ma folle jeunesse ou des affiches, pas tellement non.

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