Sortie le jeudi 1er janvier 2026

1. Domesticate
2. Hostage
3. Bloodlines
4. Loyal to the Chain
5. All Men Must Die
6. Which Way the Blood Flows
7. Retaliate

Chacun sa manière de lancer la nouvelle année. Pour certains, c’est un réveil vaseux dans un caniveau glacé, une canette de Duvel tiédasse entre les doigts ; pour d’autres c’est un tir de barrage hardcore punk déroulé pied au plancher par un quatuor surexcité. L’écoute des premières secondes de All Men Must Die ne laisse aucun doute sur l’option prise par Dögmën

Sortie le 1er janvier 2026, cette déflagration sonore a dû faire instantanément décuver les quelques fêtards qui auront eu l’imprudence de se la mettre dans les tympans au lendemain de la Saint-Sylvestre. Car dès le premier morceau, ça tabasse. Et fort. Domesticate montre qu’au contraire, personne ne pourra dompter les lycanthropes d’outre Quiévrain. Grognements bestiaux, riffs titanesques et déluge de blast beats pour finir ; en moins de deux minutes, Dögmën a déjà lâché sa première morsure empoisonnée. Et quand la bête tient sa proie, impossible de lui faire desserrer les mâchoires. Loyal to the Chain, Retaliate, Hostage, le groupe enchaîne les morceaux enragés tambour battant et justifie pleinement l’étiquette powerviolence qui figure dans les tags de l’album. 

Côté références, on retrouve l’élasticité dans la composition des Melvins (Dögmën n’est avare ni en riffs ni en changements de tempos au sein du même morceau), l’énergie de Grade 2 et l’agressivité des Prowlers. On pense aussi à Helmet, période Meantinme pour cette capacité à capter instantanément l’oreille de l’auditeur grâce à la musicalité des instrus. Car Dögmën est un groupe d’une créativité folle dans un genre qui en manque parfois. Les sceptiques n’auront qu’à écouter Which Way The Blood Flows, Domesticate ou encore All Men Must Die pour s’en convaincre. Côté paroles, Tom Bornarel et son gang explorent le thème de la réclusion volontaire comme acte de rébellion envers une société malade. Avec juste un petit peu plus de sauvagerie que ne le faisait Rousseau. Tout au long de ces sept titres, les cousins wallons de la Bête du Gévaudan font preuve d’une grande homogénéité qualitative à coups de lignes de guitares malades (certaines évoquent Frodus) et de rythmiques accrocheuses, le tout porté par une section rythmique d’une précision chirurgicale (mais avec une tronçonneuse en guise de scalpel). Si à cela on ajoute une production impeccable et un artwork à tomber par terre signé Florence Roman, on sait que l’on tient déjà un des meilleurs albums du genre pour l’année à venir. De surcroît disponible en éditions cassette et vinyle chez pas moins cinq labels (Dirty Slap, Yoyodyne, L’Ouïe Pleure, Emergence et Loner Cult). 

Sept titres et vingt minutes, c’est plus qu’il n’en faut aux Dögmën pour achever l’auditeur imprudent. Valar morghulis



( Ben )

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