Sortie le vendredi 6 février 2026

1. Whatever Happens Today
2. Heading For The Moon
3. Arctic Desert
4. The Letter
5. Book Of Lies
6. The Same Thing
7. Voices
8. Train I Ride
9. Pray For Darkness
10. The Water’s Fine

Golden Hours, c’est Hákon Aõalsteinsson (guitare, voix), Wim Janssens (basse, voix), Tobias Humble (batterie) et Rodrigo Fuentealba Palavacino (guitare), déjà croisés pêle-mêle dans des groupes tels que Gang Of Four, The Brian Jonestown Massacre, The Third Sound ou encore The Fuzztones. Partagés entre Bruxelle et Berlin, ces quatre-là donnent à entendre un genre de version narcotique des formations sus-citées. Leur musique correspond en tout point à l’ADN de Fuzz Club - guitares et psyché - et se montre tout à la fois charpentée et plongée dans l’éther.

C’est donc très référencé mais ne vous y trompez pas, Golden Hours n’est pas un ersatz ni une photocopie et beaucoup d’accents inédits parsèment leur musique. Pour commencer, deux voix se partagent le micro - celle profonde et délavée de Hákon Aõalsteinsson et l’autre plus volontaire et bowiesque de Wim Janssens - et elles apportent un côté Janus à l’album, littéralement partagé entre le plomb et le coton. Ensuite, les morceaux renferment leur lot de trouvailles qui les rendent tour à tour cinématographiques, psychédéliques, sombres, solaires, lourds ou légers, si bien qu’à la fin il est difficile de circonscrire l’identité du groupe alors qu’on en identifie aisément la patte. Un drôle de sentiment qui entraîne souvent la surprise quand un morceau s’achève et que débute le suivant.

C’était déjà le cas sur leur précédent (l’éponyme en 2023) mais les choses étaient encore en devenir, le son en particulier était alors moins ample, le grain plus resserré et il me semble que sur Beyond Wires, Golden Hours dévoile toute son envergure en déployant ses ailes cendrées et nuageuses. Ça donne des morceaux majestueux comme ce Heading For The Moon planqué en deuxième position, tout à la fois résigné et volontaire, le baroque Arctic Desert ou encore le plus tendu et monomaniaque The Same Thing entre autres gourmandises psyché se succédant sans temps morts. Alors bien sûr, le groupe tape parfois à côté (Book Of Lies, trop générique dans ses riffs par exemple) mais au final, c’est plutôt rare et on passe un bon moment avec le disque. Il est souvent triste et carillonnant et dans le même temps, il grésille pas mal. Le tout est porté par son lot de mélodies en clair-obscur qui se dévoilent dans le temps, l’album ne se livrant pas tout entier à la première écoute.

Un mille-feuille vraiment habile et intéressant.



( leoluce )

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