Sortie le vendredi 29 mai 2026

1. ROUND 1
2. ROUND 2
3. ROUND 3
4. ROUND 4
5. ROUND 5
6. ROUND 6
7. ROUND 7
8. ROUND 8
9. ROUND 9
10. ROUND 10
11. ROUND 11
12. ROUND 12
13. ROUND 13
14. ROUND 14

Ceux qui ne connaissent de la Corée du Sud que Psy, BTS et "Squid Game" vont prendre une baffe monumentale en écoutant cette baston de rue en quatorze rounds. 3, 2, 1... Fight !

Les néophytes (au nombre desquels compte votre serviteur) avaient découvert l’étiquette powerviolence avec les lycanthropes de Dögmen, chroniqués dans nos colonnes. On ne sait quelle malédiction frappe les Sud-Coréens de Sutegoro, mais, une fois de plus, l’appellation est tout sauf usurpée. Street Battle défouraille non stop à coups de morceaux dévastateurs dont le plus long atteint une minute cinquante cinq et dont le tiers de ceux-ci n’excèdent pas les trente secondes. Ce qui pourrait être lassant sur la durée est extrêmement rafraîchissant en format court - et Dieu sait que, par les temps qui courent, on en a grand besoin. De l’infernal ROUND 5 au terrifiant ROUND 7 en passant par le final cataclysmique sur lequel les cordes vocales de Yoon sont mises à rude épreuve (ROUNDS 11 à 14), Street Battle est un monster truck sans frein lancé à toute allure dans les rues de Seoul.

Précisons quelques peu le line-up du groupe : Sutegoro, ce sont deux basses et une batterie aussi lourde que la déflagration d’un canon Caesar. La section rythmique se taille donc clairement la part du lion. Les duettistes Black et Yang rivalisent d’inventivité dans l’utilisation de leur instrument et dans leur capacité à faire avec le maximum de bruit. Percutantes comme un crochet du droit, granuleuses comme une coulée de goudron, les basses savent aussi se faire dronesques sur certains morceaux (ROUND 3). Derrière, leur compère Park martèle ses fûts comme si sa vie en dépendait.

De temps à autre, une mélodie s’extirpe de ce magma sonore (ROUND 9) égayé par quelques samples à la tonalité délicieusement rétro - au diapason d’un artwork qui évoquera aux natifs du siècle précédent les graphismes désuets de l’Atari ST. Parfois, c’est un riff doom bien glauque qui, tel un alligator affamé, apparaît à la surface de ce marécage de décibels (ROUND 6). La plupart du temps, Street Battle ressemble à un déferlement ininterrompu d’up-tempos qui ferait passer Rancid pour les Beatles.

Quiconque aura jeté un œil aux tags de l’album remarquera que le quatuor se réclame de la coterie fastcore. Une bonne définition de Street Battle, album abrasif, punk dans l’âme, et dont le seul bémol reste le prix quelque peu prohibitif pour un format digital. A moins qu’il ne faille y voir un ultime doigt d’honneur au système. Ce qui ne manquerait pas de sel.



( Ben )

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